
WWW.CHATEAUDANET.COM
English version
Pour tous renseignements.
Anet est pour le voyageur une
surprise avant que d'être un émerveillement. Car ce château a
la discrétion, la pudeur de sa beauté. Il ne s'annonce pas, ne
s'offre pas. Il faut le découvrir. En cela, il n'est pas un
palais royal, un point de mire ; ce n'est pas non plus un
rendez-vous de chasse, un logis occasionnel : c' est une demeure
princière, certes, qui a la réserve, l'intimité et le mystère
convenant à une retraite d'amoureux.
Nous touchons ici à un autre caractère d'Anet : sa féminité.
Et ce qui y fait songer, ce n' est pas tant la particularité de
sa décoration comportant la marque multiforme de Diane de
Poitiers pour laquelle il fut construit que ses dispositions
architecturales conformes à une affectation féminine.
D'ailleurs, ce signe qui présida à sa conception se retrouve à
chaque pas de son histoire : lorsqu'il changera de possesseur, c'
est presque toujours en des mains féminines qu'il écherra.
Edifié au bas de la vallée bocagère de l'Eure, sa vue s'étend
sur un ensemble de lignes horizontales auxquelles correspond son
architecture et que couronnent les forêts propices aux chasses
royales, comme le cerf symbolique empanache son portail. C'est un
des premiers hommages qu'on doive rendre à Philibert de l'Orme,
ce " dieu des maçons " d'avoir su si parfaitement
adapter l'uvre à son cadre.
Ce style nouveau que l'architecte apportait avec Anet, si loin du
gothique, basé sur les données antiques mais paré des grâces
de l'esprit français, devait se prolonger, avec des
modifications de détail, à travers les siècles suivants .
Ainsi, en dehors de l'évocation sentimentale qu'il permet, de la
réussite d'adaptation qu'il constitue, Anet est-il une des
toutes premières manifestations de la formation de notre idéal
classique, un des jalons prédominants de l'histoire
architecturale en France.
![]()
![]()
Avant
que Diane de Poitiers entreprenne de faire édifier le château
actuel, Anet avait eu déjà deux châteaux.
Le premier, bâti au XIIe siècle, était une forteresse féodale
avec d'épaisses murailles, quatre tours et un gros donjon rond.
Philippe Auguste y fit plusieurs séjours et partit de là
assaillir la Normandie dont la rivière d'Eure formait à cet
endroit la frontière. Cette forteresse fut démantelée en 1378,
par ordre du roi Charles V, à la suite de la révolte de Charles
le Mauvais, roi de Navarre, comte d'Evreux et seigneur d'Anet .
Il n'en subsiste plus aujourd'hui que de rares vestiges : les
fondations d'une tour, des emmarchements et des caves, dans les
communs actuels, derrière les anciennes écuries .
En
décembre 1444, Charles VII donnait à son fidèle conseiller et
chambellan Pierre de Brézé les quatre seigneuries de
Nogent-le-Roi, Anet, Bréval et Montchauvet, en récompense des
services que ce personnage avait rendus au royaume dans la guerre
contre les Anglais et, en particulier, à l'occasion de la
reconquête de la Normandie.
Le fils de Pierre de Brézé, Jacques, grand sénéchal de
Normandie, fit édifier à Anet, vers 1470, un manoir de briques
et pierre qui était situé en arrière de la chapelle actuelle.
Il en reste d'ailleurs encore un bâtiment.
C'était une bien triste demeure, d'assez vastes proportions,
avec fenêtres à meneaux, lucarnes à décor flamboyant et
tourelle d'escalier accolée à la façade . Auprès s'élevaient
les écuries et le chenil .
Ce Jacques de Brézé avait épousé Charlotte de France, fille
de Charles VII et d'Agnès Sorel et sur consanguine du roi
Louis XI- Cette union connut une issue tragique : ayant surpris
au manoir de Rouvres, à une lieue d'Anet, sa femme avec l'un de
ses veneurs en flagrant délit d'adultère, il les perça tous
deux de plus de cent coups d'épée (1477). Quand Louis XI apprit
le meurtre de sa sur bien-aimée, il entra dans une colère
terrible et jura de la venger . Il fit arrêter le grand
sénéchal, le maintint plusieurs années en prison et obtint
enfin contre lui une condamnation à la peine capitale et à la
confiscation de ses biens. La sentence ne fut pourtant pas
exécutée dans toute sa rigueur . Le sire de Brézé sauva sa
tête, mais dut faire au roi l'abandon de tous ses biens. Ceux-ci
furent d'ailleurs aussitôt remis par Louis XI au fils aîné de
Charlotte, son propre filleul, Louis de Brézé . Trois ans
après son avènement, Charles VIII cassa le jugement qui avait
frappé Jacques de Brézé et il lui rendit ses titres et ses
biens.
Jacques
de Brézé mourut en 1490 et son fils lui succéda. Comte de
Maulevrier, seigneur d'Anet, grand sénéchal de Normandie, grand
veneur de France, Louis devint ainsi l'un des principaux
dignitaires du royaume. Veuf de Catherine de Dreux, il épousait
en 1515, à l'âge de 56 ans, Diane de Poitiers, de quarante ans
plus jeune que lui .
Diane, qui descendait de l'antique famille souveraine des comtes
de Poitiers, était née au château de Saint-Vallier (Drôme),
le 31 décembre 1499. Sa parente, la duchesse de Bourbon, Anne de
Beaujeu, qui avait bien voulu se charger de son éducation, avait
su façonner son esprit, former son goût et lui inculquer les
grands principes d'honneur et de sagesse dont elle était le
vivant exemple. Appelée par son mariage à paraître à la cour
de France, belle et intelligente, Diane accéda d'emblée au
premier rang et devint dame d'honneur de la reine Claude, épouse
de François Ier. Alors qu'elle était jeune mariée, comme les
charges de son époux n'imposaient pas sa présence continuelle
à la cour, c'est à Anet que le couple vivait entre temps.
Louis de Brézé affectionnait ce triste logis en raison de la
proximité des forêts de Dreux, de Roseux et de Normandie, car
il était un chasseur infatigable. L'amitié que lui
portait François Ier, leur goût commun pour la vénerie
amenaient à Anet le roi, la Reine et les principaux seigneurs de
la cour . C'est dans ce vieux manoir que Diane fit ses premières
armes de maîtresse de maison .
En 1518, la Grande Sénéchale eut un premier enfant, une fille,
à laquelle on donna le nom de Françoise en hommage au roi .
Trois ans plus tard, naissait une seconde fille qui reçut le
prénom de Louise, rappelant ainsi celui de son père.
Partageant sur ce point le goût de son vieux mari, Diane
s'était acquis une solide réputation de chasseresse que tant de
représentations peintes ou sculptées devaient contribuer à
répandre. Les portraits d'elle qui paraissent les plus
authentiques ne contredisent pas cette image d'une femme à la
santé robuste, au corps endurci par les longues courses à
cheval, les bains froids en toute saison, une vraie sportive,
dirions-nous aujourd'hui .
Le 23 juillet 1531 , Louis de Brézé mourait à Anet. Son
épouse le pleura sincèrement, lui fit élever dans la
cathédrale de Rouen un magnifique tombeau et prit un deuil
qu'elle ne devait jamais quitter. Elle ne s'habilla plus
désormais que de noir et de blanc, mais ses robes restèrent de
soie et largement décolletées . Sa position à la cour n'eut
pas à souffrir de la disparition de son époux . Elle restait la
Grande Sénéchale.
Cependant,
le second fils de François I°, le prince Henri, dont l'enfance
avait été assombrie par quatre longues années de captivité en
Espagne, portait à Diane une affection qui évoluait, en dépit
de ses quinze ans, vers un sentiment plus vif. Elaboré à Anet,
son mariage avec Catherine de Médicis en 1533 ne devait point
effacer de son coeur cet amour chevaleresque d'adolescent timide
et taciturne. Bien au contraire, puisque, peu après, malgré une
différence d'âge de près de vingt ans, la belle veuve devint
en secret sa maîtresse.
En 1536, la mort de son frère aîné ouvre au jeune Henri la
perspective du trône. La situation de Diane en est encore
renforcée, d'autant que, sous prétexte d'hommages platoniques,
le Dauphin adopte lui aussi les vêtements noirs et blancs,
identifie son emblème, le croissant, à celui que la mythologie
attribuait à la divinité chasseresse, arbore le monogramme
fameux où le H et le D s'entrelacent .
La Grande Sénéchale n'en entretient pas moins avec l'épouse
d'Henri des rapports qui se veulent cordiaux. n'est-elle pas
d'ailleurs officiellement la gouvernante des enfants que
Catherine, après onze ans de stérilité, met enfin au monde .
La Dauphine accepte tout, se résigne, serre les dents et attend
sa revanche . Le 31 mars 1547, la mort de François 1er fait
d'Henri le roi de France.
Dès
l'année précédente, Diane a songé à faire bâtir à Anet une
demeure plus imposante et plus agréable que le vieux manoir
gothique des Brézé. C'est probablement
à cette époque qu'elle charge de dresser les plans d'un nouveau
château un architecte lyonnais, alors âgé de 36 ans, Philibert
de l'Orme- Celui-ci s'est déjà fait connaître en travaillant
pour le cardinal du Bellay à Saint-Maur-lesFossés et Henri II
vient de lui confier la construction du tombeau du roi défunt.
De l'Orme conçoit un édifice régulier, à l'architecture
sobre, fondée sur l'art renouvelé de l'antiquité et
subordonnée aux " commodités ". L'année 1547 est
consacrée aux travaux de terrassement, à la régularisation du
terrain marécageux qui crée un plan supérieur pour les
bâtiments et un plan nettement inférieur pour les jardins, au
creusement des douves, à la construction de deux étages de
caves pour les cuisines, de canalisations d'égout.
L'année suivante, on s'attaque aux bâtiments d'habitation en
commençant par le corps principal devant former le fond de la
cour d'honneur. Cette partie du château prolonge vers l'ouest le
vieux manoir que Diane de Poitiers tient à conserver en
l'incorporant à sa nouvelle demeure.
En 1549 et 1550, on construit l'aile droite et la chapelle; en
1551, l'aile gauche ; le portail s'élève en dernier lieu et
porte, gravée sur ses pierres, la date d'achèvement des travaux
: 1552.
Dans le principal corps de logis sont aménagés les appartements
de Diane et ceux du roi, ainsi que les salles de réception.
L'aile gauche est affectée à d'autres appartements. L'aile
droite abrite uniquement une immense salle des fêtes, dite
" galerie de Diane " et masque la chapelle attenante
dont on ne voit, de la cour d'honneur, que le dôme et les deux
flèches de pierre en forme de pyramides. Derrière chaque aile
s'étend une cour latérale. Celle de droite, irrégulière,
bordée d'un côté par le manoir des Brézé, s'ouvre vers la
route d'Oulins par un portail monumental dit " porte de
Charles-le-Mauvais " et s'orne en son milieu d'une fontaine,
celle de la Nymphe d' Anet . De même, la cour
de gauche dessert l'orangerie et les volières ; en son centre
s'élève une autre fontaine que surmonte le célèbre groupe de
la Diane au cerf, longtemps attribué à Jean Goujon et conservé
aujourd'hui au Louvre.
Enfin, en contrebas du principal corps de logis s'étendent les
jardins , entourés par une longue galerie dont deux pavillons
carrés occupent les angles extrêmes et qui conduit à un grand
bâtiment servant de salle de festin ou de bal .
De l'Orme a imaginé pour les différents corps de logis un
décor architectural original. La partie centrale de la façade
principale est constituée par un beau portail où, pour la
première fois , chaque étage est marqué par des colonnes d'un
ordre différent : dorique, au rez-de-chaussée, ionique au
premier et corinthien au second. Ce dernier étage est occupé
par la statue du Grand Sénéchal auquel Diane, indique une
inscription latine, a dédié le monument. Les fenêtres ,
divisées par des meneaux de pierre comme au siècle précédent
, sont surmontées de frontons alternativement triangulaires et
curvilignes. Une alternance plus complexe existe aussi pour les
lucarnes dont certaines, les plus petites , sont couronnées d'un
motif en forme de tombeau , symbole de deuil . Ce sont encore de
grands cénotaphes très ornés qui terminent les souches de
plusieurs cheminées monumentales . Enfin, les divers monogrammes
de Diane, de son époux et du roi Henri apparaissent, entrelacés
de croissants et de palmes dans les motifs ajourés des
balustrades bordant les terrasses au-dessus des fossés de chaque
côté du portail .
Il
est aisé d'imaginer ce que peut être, dans un tel cadre, les
intérieurs raffinés aux baies garnies de vitraux en grisaille
peints sans doute par Jean Cousin, aux pavements de petits
carreaux émaillés verts dus au céramiste Abaquesne, aux murs
tendus de tapisseries précieuses , aux plafonds à caissons
peints et dorés . Le mobilier est à l'avenant : lits à
colonnes, cabinets et coffres à la décoration fleurie ,
vaisselle , orfèvrerie , livres aux reliures mosaïquées,
miroirs et verreries de Venise, soieries, brocarts, tentures
fastueuses, toutes choses aux initiales de Diane.
Non seulement le château peut rivaliser avec les plus
magnifiques résidences princières ou royales, mais il se
présente comme une uvre exceptionnelle qui suscite une
immédiate renommée.
Désormais , les réceptions et les fêtes vont se succéder à
Anet, y amenant la cour entière et retenant le roi dans
l'enchantement .
La
mort brutale du monarque, tué accidentellement dans un tournoi,
en 1559, porte un coup fatal au prestige de la Dame d'Anet. Le
nouveau roi, François II, n'a que quinze ans et demi et, bien
que majeur, n'est point en état de gouverner . Sa mère,
Catherine, avec l'appui des Guise, dirige maintenant les affaires
de l'Etat. Va-t-elle enfin prendre sa revanche sur la favorite ?
A peine le roi a-t-il rendu le dernier soupir que Diane, mesurant
l'étendue de son malheur et s'attendant au pire, renvoie à la
reine-mère les bijoux de la couronne et, humblement, lui demande
pardon de ses offenses. Mais, en mariant sa fille cadette,
Louise, à Charles d'Aumale, frère du duc de Guise, elle a su se
ménager une alliance qui devient sa plus sûre protection.
Catherine se contentera de lui réclamer Chenonceaux qu'elle lui
échangera d'ailleurs contre Chaumont .
Réfugiée à Anet, loin de la cour, humiliée mais non
écrasée, Diane se consacre à l'administration de ses nombreux
domaines . Elle assiste au déchaînement de la guerre entre les
Catholiques et les Protestants, amie des uns, haïe des autres.
Elle pense aussi à la mort et, en 1565, à Limours, elle dicte
son testament dans lequel elle institue de nombreuses fondations
pieuses et demande que soit construite à Anet une chapelle pour
abriter son tombeau. Elle trouve encore la force d'aller, à
l'automne, jusqu'en Dauphiné, mais, de retour à Anet, elle est
atteinte à la fin de l'hiver d'une brusque maladie et elle
meurt, le 25 avril 1566.
C'est
la seconde fille de Diane, Louise de Brézé, qui hérite de la
seigneurie d'Anet. Elle est entrée, on l'a vu, dans la famille
des Guise par son mariage avec Claude de Lorraine, duc d'Aumale,
gouverneur de Bourgogne et grand veneur de France . Au temps où
il possède Anet, il y reçoit la visite du roi Charles IX
(1567), mais surtout, il fait construire et achever la chapelle
sépulcrale, vaste bâtisse de brique et pierre due à
l'architecte Claude de Foucques.
En 1576, Louise de Brézé, veuve depuis trois ans, abandonne le
château à son fils Charles de Lorraine, duc d'Aumale. Le
premier acte du nouveau seigneur est de faire consacrer cette
chapelle et de procéder au transfert et à l'inhumation
solennelle de sa grand-mère, Diane de Poitiers, dont le corps
est resté jusqu'alors dans l'église de la paroisse.
Charles de Lorraine reçoit en 1581 Henri III qui ; avec la
reine-mère Catherine, tient un de ses enfants sur les fonts
baptismaux de la chapelle ; il fait achever l'église
paroissiale, fonde dans le parc du château un couvent de
Cordeliers (1583) et obtient du roi, cette même année,
l'érection de la seigneurie d'Anet en principauté.
Malheureusement, Charles de Lorraine, au cours des guerres de
religion, compte parmi les adversaires les plus acharnés du
futur Henri IV . Après la défaite de la Ligue à Ivry, il doit
s'enfuir à l'étranger. Son alliance avec les Espagnols
précipite sa déchéance . Le Parlement le déclare criminel de
lèse-majesté et il est condamné à mort. Comme il s'est réfugié à
Bruxelles, il n'est écartelé qu'en effigie mais le château
d'Anet doit être rasé " à fleur de terre " et les
bois voisins abattus " à hauteur de ceinture " .
Heureusement, Henri 1V , dans un esprit d'apaisement, ne fait pas
exécuter cette clause de l'arrêt. Par la suite, il marque même
une grande bienveillance envers la duchesse d'Aumale, Marie de
Lorraine, qu'il honore de sa visite en séjournant à Anet avec
la reine, quelques semaines avant son assassinat (1610).
Ruinée par son mari, la duchesse d'Aumale, harcelée par les
créanciers, doit vendre le château à Marie de Luxembourg,
duchesse de Mercur et belle-sur d'Henri III (1615).
La
fille de Madame de Mercur, Françoise de Lorraine, a
épousé César de Vendôme, fils naturel légitimé d'Henri IV
et de Gabrielle d'Estrées. Ce grand seigneur, orgueilleux et
turbulent, passera une partie de sa vie à comploter contre
Richelieu d'abord , contre Mazarin ensuite. En compagnie de ses
deux fils, les ducs de Beaufort et de Mercur , il devient
l'un des principaux animateurs de la cabale des Importants qui,
après la mort de Louis XIII, cherche à imposer à la régente
la tutelle des grands seigneurs. Anet dont César a hérité en
1623 est alors pour celui-ci et sa famille tantôt un abri sûr ,
tantôt une résidence imposée, quand toutefois les menaces
d'arrestation ne l'obligent pas à fuir à l'étranger .
Lorsqu'éclate la Fronde, il ne bouge pas, calmé, semble-t-il,
par un long exil, tandis que Mercur se rallie à Mazarin
dont il épousera une des nièces. Seul Beaufort s'enrôle dans
l'armée des Princes et devient l'idole du peuple de Paris, le
" Roi des Halles " .
Devenu infirme, César meurt en 1665. La duchesse de Vendôme
continue de vivre à Anet et elle s'éteint en 1669, laissant la
principauté à son petit-fils, Louis-Joseph de Vendôme, fils
aîné du duc de Mercur . Au milieu de ces vicissitudes, le
château est souvent délaissé, mal entretenu et les travaux
qu'y réalise César lorsqu'il trouve quelque répit dans sa vie
aventureuse ne peuvent réussir à maintenir la demeure de Diane
en bon état .
Le
nouveau propriétaire d'Anet était un soldat, un véritable
soldat puisque, entré tout jeune dans les gardes du corps , il
avait participé en compagnie de son frère cadet Philippe, le
futur Grand Prieur de France, à toutes les grandes campagnes de
Louis XIV et conquis tous les grades de la hiérarchie militaire
grâce à sa valeur et à son courage.
En 1678, à 24 ans, il est nommé maréchal de camp et, trois ans
plus tard, gouverneur de Provence. Pendant plusieurs années le
roi ne fera plus appel à ses services. Vendôme s'installe alors
à Anet . Il va entreprendre au château des réfections
importantes et se lancer dans la tâche dangereuse qui consiste
à " moderniser " l'uvre de Philibert de l'Orme.
Claude Desgots, inspecteur des Bâtiments du Roi, neveu de Le
Nôtre, est chargé de diriger ces travaux de rajeunissement qui
modifieront profondément l'aspect extérieur et les dispositions
intérieures du château.
Dans l'aile droite, au lieu de la galerie de Diane, on crée de
nouveaux appartements. L'aile gauche est encore plus altérée.
On y supprime plusieurs appartements pour faire, au
rez-de-chaussée, un vaste vestibule et, à l'étage, une salle
des fêtes que dessert un somptueux escalier d'une seule volée
avec une rampe de fer forgé au chiffre du duc. Dans les combles
qu'on exhausse en modifiant la pente du toit, on installe des
logements nouveaux. La façade est ornée dans sa partie centrale
de pilastres d'ordre ionique encadrant un trophée sculpté. Les
fenêtres du rez-de-chaussée sont privées de leurs meneaux de
pierre, transformées en portes-fenêtres et les célèbres
vitraux en grisaille disparaissent pour faire place à du verre
incolore. Aux pavements de carreaux émaillés , on substitue de
larges dalles de marbre blanc et noir .
Derrière cette aile gauche et y attenant, est édifié un
bâtiment à toit brisé qu'un mur en hémicycle couronné de
vases décoratifs relie à un bâtiment symétrique appuyé
contre le pavillon d'angle dit " du Gouvernement ".
Pour décorer les intérieurs, Vendôme fait appel à des
artistes en renom. On sait que Claude III Audran, dont la
présence à Anet est attestée en 1690, peignit sur son ordre
les appartements du rez-de-chaussée dans le style "
grotesque " et que le peintre animalier François Desportes
participa à ses travaux .
L'aménagement des jardins est confié au célèbre Le Nôtre.
Celui-ci commence par faire place nette en jetant bas tous les
communs se trouvant autour du château : jeu de paume, orangerie,
volières disparaissent ainsi que la grande galerie qui entourait
les jardins . Le cryptoportique, cette galerie voûtée qui
régnait au pied du corps de logis central, et le grand escalier
en forme de croissant descendant vers les parterres sont
remplacés par des terrasses à degrés qui compensent la
dénivellation existant entre la cour d'honneur et les jardins.
Autour de ces derniers, on creuse un grand canal au-delà duquel
s'étend un parc boisé percé d'allées rayonnantes.
La vie fastueuse et dissipée que mène le maréchal de Vendôme
en compagnie du Grand Prieur son frère, les dépenses énormes
entraînées par les transformations apportées au domaine
finissent par le ruiner et, pour payer ses dettes, il devra
vendre au roi son hôtel de la rue Saint-Honoré à Paris. C' est
sur l' emplacement de cette demeure que sera établie la place
Vendôme.
Au
cours de ses séjours à Anet, Vendôme rassemble autour de lui
toute une suite de compagnons de plaisir, d'écrivains en renom,
de beaux esprits, auxquels il offre une hospitalité sans
limites. On y voit Chaulieu, Chapelle, Bachaumont, Dangeau, La
Fontaine, Campistron, Molière. En dix ans, le Grand Dauphin,
fils de Louis XIV, rend visite à sept reprises au maréchal. Au
mois de septembre 1686, presque toute la cour l'accompagne. La
réception est éblouissante et coûtera, dit-on, plus de 100 000
livres à Vendôme. Le premier soir, Lulli fait jouer son opéra
Acis et Galatée, écrit pour cette occasion et qui sera sa
dernière uvre lyrique. Les spectacles, le jeu, la chasse
au loup et d'interminables banquets font de ces huit jours une
fête continuelle.
Mais le service du roi appelle le duc de Vendôme pour de
nouvelles campagnes où il se couvre de gloire. En 1710, alors
qu'il vient d'épouser Marie-Anne de Bourbon-Condé, le maréchal
est envoyé au-delà des Pyrénées par Louis XIV pour porter
secours à son petit-fils devenu roi d'Espagne sous le nom de
Philippe V dix ans auparavant et depuis lors en butte aux
attaques de l' Angleterre et de l' Autriche. La victoire de
Vendôme à Villaviciosa sauve la monarchie espagnole et
constitue une étape décisive vers la paix. C'est dans ce pays
qu'à la suite d'une brève maladie la mort le surprend à
Vinaroz en 1712.Suprême honneur, son corps est alors inhumé à
l'Escurial, dans le tombeau des rois.
Une fois veuve, la duchesse de Vendôme continue à résider à
Anet où elle fait terminer les travaux en cours. Elle doit
combattre les prétentions du contrôleur général des finances
qui veut lui enlever la principauté d'Anet pour la réunir à la
Couronne . Elle meurt, jeune encore, en 1 7 18, sans laisser de
postérité .
La
princesse de Condé, mère de la duchesse de Vendôme recueille
son héritage. Mais elle n'en jouit pas longtemps car elle
disparaît à son tour en 1723. Son décès laisse ses biens dans
l'indivision pendant neuf ans. C'est à sa huitième fille,
Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine, que
reviendra en fin de compte la terre et le château d'Anet.
Auparavant, pour faire face aux frais entraînés par la
succession, on vend la bibliothèque formée par Diane de
Poitiers et augmentée par ses successeurs :les 171 manuscrits
sur vélin qu'elle comprenait sont alors dispersés .
Le duc du Maine, Louis-Auguste de Bourbon, fils légitimé de
Louis XIV et de Madame de Montespan, est un prince éclairé,
cultivé, au caractère sérieux et réfléchi. Son épouse,
petite-fille du grand Condé, princesse du sang, est infiniment
spirituelle, mais aussi entreprenante, ambitieuse, frivole et
d'une gaieté souvent excessive .
Quand elle hérite d'Anet, elle approche de la soixantaine. Le
temps est déjà loin où les réceptions qu'elle donnait à
Sceaux réunissaient autour d'elle une véritable cour de beaux
esprits ; mais elle tente de renouveler à Anet les fêtes de
jadis et partage sa vie entre ses deux résidences favorites
toujours entourée de son cénacle littéraire.
Elle procède à de nouvelles transformations du château : elle
se fait aménager deux appartements, l'un au rez-de-chaussée de
l'aile gauche, l'autre au bout de l'ancienne galerie de Diane .
elle entreprend aussi la restauration de certaines pièces et
fait appel à Audran qui, en 1733, viendra à nouveau à Anet
où, avec Christophe Huet, il décorera les plafonds de plusieurs
salons.
En 1746, Voltaire et Mme du Châtelet sont les hôtes de la
duchesse. Ils reparaissent au château l'année suivante et
composent une comédie pour la fête de la Saint-Louis.
Le 7 juin 1749, le roi Louis XV vient à Anet rendre visite à la
duchesse, sa tante, puis, après s'être recueilli devant le
tombeau de Diane de Poitiers, son ancêtre, il gagne à cheval le
château de Crécy en traversant la forêt de Dreux.
Trois ans avant sa mort, la duchesse déjà malade et éprouvée
par la disparition de beaucoup de ses proches, partage ses biens
entre ses deux fils. L'aîné, le prince de Dombes, a pour sa
part le comté de Dreux et la terre d'Anet.
Le
prince de Dombes, qui fréquente peu la cour, s'installe dès
lors au château qu'il s'applique à entretenir, tandis qu'il
augmente le domaine par de nombreuses acquisitions . Pour
alimenter les jardins en eau, il imagine une machine hydraulique
dont il dresse les plans et qu'il fait construire dans le parc,
au bord de l'Eure. Il meurt en 1755, célibataire et sans
postérité, laissant ses biens à son frère, le comte d'Eu.
Celui-ci aime le séjour d'Anet qui lui permet de se livrer à
son plaisir favori, la chasse. Lorsque l'âge sera venu pour lui
avec les infirmités, il continuera à parcourir la campagne et
la forêt voisine, le fusil à la main, assis dans une petite
voiture mécanique. Sa bonté le fait aimer de son entourage et
des gens du peuple qui apprécient sa générosité. Comme son
frère, il ne s'est pas marié. Aussi, moins de deux ans avant sa
mort, en 1773, il vend au roi Louis XV une grande partie de ses
biens, dont Anet, pour la somme fabuleuse de douze millions. Il
rédige peu après son testament et fait son principal héritier
son cousin le duc de Penthièvre.
Louis
XV étant mort peu de temps avant le comte d'Eu, sans avoir
réglé l'achat des biens de ce dernier , Louis XVI s' entend
avec le duc de Penthièvre pour annuler cette transaction trop
onéreuse pour les finances royales. En 1775, le duc entre donc
en possession de la principauté d' Anet.
Gouverneur de Bretagne, grand amiral de France, Penthièvre, en
héritant de son cousin, réunit entre ses mains tous les biens
dont Louis XIV a comblé ses deux fils légitimés. Aussi
passe-t-il pour être le plus riche propriétaire foncier du
royaume.
Vertueux et charitable, simple et affable, le duc qui partage sa
vie entre la cour, l'Hôtel de Toulouse qu'il possède à Paris
et ses nombreux châteaux en province, se plaît
particulièrement à Anet où il séjourne fréquemment entouré
de l'affection des populations et de quelques familiers parmi
lesquels le chevalier de Florian, ce doux poète qui chante
souvent Anet dans ses vers,
Anet, ce charmant séjour, Ce vallon où la Nature Epuisa ses trésors Pour contenter l'Amour...
Pendant cette période, le château est parfaitement entretenu et ne subit aucune modification. Lorsqu'éclate la Révolution, le duc de Penthièvre n'est pas inquiété tant est grand le respect que ses bienfaits ont su inspirer à tous. Il meurt dans son château de Bizy , près de Vernon, en mars 1793, léguant ses domaines à sa fille unique, la duchesse d'Orléans.
Cinq
semaines après le décès de Penthièvre, le château est mis
sous séquestre . Il va, pendant quatre ans, rester privé de
maître, donc de soins et d'entretien . Cette situation
favorisant l'audace des révolutionnaires, on voit, à l'époque
de la Terreur, la société populaire forcer la porte de la
chapelle funéraire et en prendre possession pour y tenir ses
séances, y installer la justice de Paix et y loger la garde
nationale. On peint alors sur la façade les inscriptions "
Mort aux tyrans " et " Surveillance publique " .
Le 18 juin 1795, deux commissaires de la Sûreté générale
venus de Dreux et qu'accompagne une poignée de sans-culottes
profanent la sépulture de Diane, ouvrent son cercueil de plomb
et en tirent son cadavre qu'on ira enterrer dans une fosse
creusée en hâte dans le cimetière de la paroisse, près du
chevet de l'église .
A la fin de janvier 1798, alors que la duchesse d'Orléans vient
d'être déportée, le château séquestré est mis en
adjudication par l'administration du département d'Eure-et-Loir.
On commence par vendre les meubles, l'orfèvrerie, la vaisselle,
les uvres d'art . Puis le domaine est divisé en quatre
lots . Celui qui comprend le château et ses jardins est acquis
par deux marchands de biens, Ramsden et Herigoyen . Ceux-ci vont
d'abord récupérer tout ce qui a quelque valeur marchande :
plombs , parquets, cheminées, boiseries, portes et même l'or
des dorures.
Par bonheur , un ami des arts parvient à sauver une partie des
trésors arrachés au château . Dès 1797, Alexandre Lenoir ,
créateur du Musée des Monuments Français à Paris , a pu faire
acheter par l'Etat une grande partie des éléments dispersés du
tombeau de Diane. La statue funéraire, le sarcophage de marbre
noir utilisé comme auge à cochons dans une ferme des environs,
le retable de Pierre Bontemps seront ainsi envoyés à Paris. Par
la suite, lorsque les propriétaires s'attaqueront aux bâtiments
eux-mêmes, Lenoir s'efforcera de sauver de la destruction les
pièces essentielles : la fontaine de la Diane au Cerf, la Nymphe
et les Victoires du portail et même le frontispice du corps de
logis principal seront accueillis dans son musée. C'est à
l'occasion de ces acquisitions que, le 29 octobre 1802,
Bonaparte, alors Premier Consul, vient visiter le château avant
de se rendre, à quelques kilomètres d'Anet, sur le champ de
bataille d'Ivry.
En 1804, la demeure de Diane ainsi dévastée tombe aux mains
d'un nouveau propriétaire, un certain Demonti fils, qui fait
d'abord abattre tous les arbres du parc puis entreprend la
démolition des bâtiments. Il fait sauter à la poudre le corps
central ainsi que l'aile droite. Par miracle, la chapelle n'est
pas atteinte, mais seulement dégagée.
Les habitants d'Anet voient d'un très mauvais il cette
odieuse destruction. La chute d'un ouvrier qui commençait à
s'attaquer à la toiture de l'aile gauche - provoque une
véritable émeute et , devant cette manifestation menaçante, le
propriétaire vandale cherche son salut dans la fuite .
Ce qui reste du château reste vide et abandonné jusqu'au jour
où le domaine est racheté par Louise-Marie Adélaïde, duchesse
douairière d'Orléans, fille du duc de Penthièvre (1820).
La
duchesse n'a pas le loisir de relever Anet de ses ruines : elle
meurt en 1821, moins de neuf mois après le rachat du château.
Son fils , le futur roi Louis-Philippe, recule devant
l'énormité de la dépense que représente une reconstruction :
il vend le château à Louis Passy , receveur général du
département de l'Eure, qui ne l'habite point et se contente de
faire clore par un mur l'extrémité restée béante de l'aile
gauche. En 1840, le domaine d'Anet trouve enfin un acquéreur en
la personne du comte Adolphe de Caraman qui, avec un grand
courage, va entreprendre de remettre en état la demeure
abandonnée .
Il commence par rendre habitables les pavillons et quelques
pièces de l'aile subsistante dans lesquels il s'installe . Il
fait appel à un architecte alors en renom, Auguste Caristie,
pour restaurer la chapelle et lui donner une façade s'accordant
avec le style du monument . Les travaux, terminés en 1851,
attirent l'attention du ministre de l'Intérieur qui, l'année
suivante, classe comme monuments historiques la chapelle et le
portail et qui accorde au propriétaire une importante
subvention. M. de Caraman entreprend alors de restaurer le grand
portail . Il fait placer au tympan une copie de la Nymphe de
Cellini entrée au Louvre après la fermeture du musée de
Lenoir, il remplace par une horloge moderne l'ancienne qui a
disparu et rétablit au sommet de l'édifice le groupe du cerf et
des chiens.
L'ancien parc de Le Nôtre, devenu depuis longtemps
méconnaissable, est transformé en un parc à l'anglaise par le
paysagiste Bühler .
Mais le comte de Caraman ayant subi des revers de fortune doit
vendre, en 1860, le domaine d'Anet à Monsieur Ferdinand Moreau,
député de la Seine et conseiller général d'Eure-et-Loir, qui
poursuit l'uvre de sauvetage si bien commencée .
Le
nouveau propriétaire charge trois architectes de restaurer les
bâtiments anciens. Les pièces sont garnies de meubles provenant
du château et retrouvés souvent dans la région . Ainsi sont
rachetés le lit de Diane qui était utilisé dans une auberge du
bourg, des buffets, des vitraux, des pièces d'orfèvrerie ou de
céramique, des reliures, des tableaux... Les quatre grandes
tapisseries de l'histoire de Diane, faites au XVIe siècle pour
Anet, sont acquises dans une vente, à Paris.
En 1868, c'est l'achat du Grand Parc et d'autres propriétés qui
font du domaine en partie reconstitué un ensemble entièrement
entouré d'eau . Des moulins et de petites usines qui avaient
été installés le long du grand canal sont démolis pour
embellir la perspective . D'autres améliorations sont encore
réalisées : la construction de vastes communs, le
rétablissement de la fontaine à vasque de marbre à
l'extrémité de l'aile existante. En 1879, on découvre le
cryptoportique enfoui depuis deux cents ans et que l'on croyait
détruit.
A
la mort de M- Ferdinand Moreau, en 1884, sa fille et son gendre,
le comte Guy de Leusse, héritent d' Anet. De nouvelles et
intelligentes améliorations sont encore apportées au domaine :
le grand canal est rétabli dans son ancienne largeur en amont de
la cascade, les collations sont enrichies, les portes dorées du
vestibule restaurées, des vitraux en grisaille posés aux
fenêtres de la chapelle à la place de ceux qui avaient été
brisés sous la Révolution.
Pendant la guerre de 1914, Madame de Leusse installe au château
un hôpital auxiliaire de la Croix Rouge qu'elle dirige avec
dévouement .
Anet, par étapes successives, se trouve classé monument
historique ainsi que son site . Le château, ouvert au public,
continue à recevoir après la guerre des visiteurs de plus en
plus nombreux .
La propriété a beaucoup à souffrir de la guerre de 1939 . En
juin 1940, le superbe couvent des Cordeliers, construit au fond
du parc en 1583 par Charles de Lorraine, est bombardé et
disparaît dans les flammes avec les riches collections de livres
et de meubles qu'il contenait . Puis le château est constamment
occupé par des militaires allemands. En 1944, au moment de la
Libération, la bataille fait rage autour du château ; des
bombes, épargnant de justesse les bâtiments, détruisent des
engins blindés ennemis, mais aussi une trentaine d'hectares de
bois .
En novembre 1944, la comtesse Guy de Leusse meurt, léguant le
château à sa petite-fille, Madame de Yturbe. Avec elle et son
mari, Monsieur Charles de Yturbe, les travaux d'entretien et de
restauration, interrompus pendant les années de guerre,
reprennent avec vigueur .
Ainsi leur doit-on la restauration complète du Pavillon de la
Vénerie, uvre de Philibert de l'Orme ( 1950) et surtout la
suppression des fâcheuses huisseries qui fermaient et
enlaidissaient les dégagements du porche de l'entrée ( 1951).
D'autres travaux devaient suivre, en particulier la réparation
des portes de la terrasse de la chapelle, la réfection par
étapes de toutes les toitures, le dégagement des vieux
bâtiments de briques du manoir des Brézé, jusqu'alors
fâcheusement encombrés par des serres (1952), la pose sur le
portail des deux écoinçons, moulages des Victoires de Cellini
perdues au XIXe siècle (1956). Le rétablissement complet de la
chapelle funéraire dans son état primitif durera de 1959 à
1967 : à l'intérieur, les voûtes, le pavage sont entièrement
restaurés pour recevoir le sarcophage surmonté de la statue de
Diane et le bas-relief de Pierre Bontemps formant le retable de
l'autel, uvres qui avaient quitté Anet à la Révolution .
Les sphères armillaires placées sur les pyramides de la
chapelle sont refaites et redorées . Le lit de Diane est
restauré et classé monument historique (1976) et les
magnifiques autels, dessinés par Philibert de l'Orme et qui se
trouvaient dans les réserves du Louvre, sont remontés dans la
chapelle (1979) .
Ces efforts persévérants, poursuivis depuis un siècle et demi,
sont parvenus à rendre au château d' Anet un incomparable
prestige . Il fut le chef-d'uvre de la Renaissance
Française et, par les admirables restes qu'il offre encore de sa
splendeur passée, il demeure le témoignage unique d'une étape
capitale de l'art de bâtir .
C.Y
Contact
Mr et Mme de Yturbe
Château d'Anet
28260 Anet
Tél : 02 37 41 90
07
Fax : 02 37 41 96 45
Contact.
Pour se rendre à Anet :
Le Château d' Anet est
situé à 78 km à l'Ouest de Paris et à 16 km de Dreux .
De Paris, à partir de
la Porte Maillot prendre l'A14 puis l'A13 en direction de
Rouen. Prendre la sortie N°12 vers Mantes Sud et
suivre la départementale 928 jusqu'à Anet.
Bref historique d' Anet.
Visite virtuelle du château. Horaires des visites. Photos..
© 2006 Anet - reproduction interdite.
3